Histoires de Français Libres ordinaires

 
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Son recit

 

L'Angleterre

 

Nous nous retrouvons devant une grande bâtisse et rentrons dans une pièce qui ressemble à une église ou à un temple.

Des gens nous interrogent, prennent notre identité, nous demandent nos souhaits. On nous offre du thé, du cake, les filles échangent nos pièces de monnaie.

Le soir, nous montons dans un train. A chaque extrémité du wagon, une sentinelle en armes. Nous ne risquons pas de descendre.

Le 26 juin, découverte de ballons captifs au-dessus de la ville de Bristol. Enfin, arrivée à Londres. Sans sortir de la gare, nous descendons du train pour monter dans un autobus à impériale où l'on nous porte des plateaux repas.

Traversée de Londres. Le bus entre dans un grand parc où stationnent des militaires anglais, immenses et la visière de leur casquette presque sur les yeux. Il y a des camionnettes peintes en kaki avec des taches marron et jaune. Elles sont équipées de câbles, pelles, pioches... ce qui me surprend.

Au milieu de ce parc, un groupe de bâtiments. C'est, paraît-il un collège avec son internat, vidé de ses élèves pour recevoir cette multitude de réfugiés de toutes nationalités, de tous ages et de toutes races. C'est Earley School

J'assiste à un incident entre un Marocain et un Français. Pour une question de place dans la file qui nous mène au réfectoire, le Français traite l'Arabe de "bicot". La réplique a été cinglante et la vérité sur le comportement des Français qui viennent de cesser de combattre, gouvernants et peuple réunis, résonne douloureusement à mes oreilles.

C'est l'attente, les jours se suivent. Nous sommes interrogés à plusieurs reprises par des militaires ou des civils, la plupart du temps Anglais. Toujours la même réponse : nous sommes venus en Angleterre pour nous engager dans les forces française avec De Gaulle ou, si cela n'est pas possible, dans l'armée canadienne.


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Puis un jour, un représentant de Général de Gaulle vient. Nous attendions De Gaulle... Après une tentative de chahut, les choses se décantent et le lendemain ou le surlendemain nous quittons notre lieu de résidence. Voyage en train, autobus et arrivée à l'Olympia, grande bâtisse sombre, sans fenêtre, à 5 ou 6 étages, mais avec une terrasse qui nous permet de saluer la ville et les filles d'une école presque voisine.

Nous retrouvons les légionnaires de Narvik,  revenus en Angleterre après un court séjour en Bretagne, des marins, des rescapés de Dunkerque.

C'est l'heure du choix. Je crois que c'est la que notre équipe de 2 semaines va se disperser. Je ne reverrai Balère  qu'en août 1941 à Damas. Il voulait être aviateur, il était parachutiste. Il a quitté les paras pour rejoindre le Groupe Lorraine en Libye et trouver la mort en octobre 1944 en Angleterre.

Comme décidé un an auparavant, je demande à rejoindre les chars.


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14 juillet



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