Histoires de Français Libres ordinaires

 
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La mort de son tuteur Jules Babeau

 

Trois versions pour un massacre

 

Dans quelques documents me venant de mon père, je peux lire ce nom :

Arbre généalogique de Jules Babeau

Un jour, je me suis dit que si je retrouvais ce Jules Babeau, ou plus probablement ses descendants, ils pourraient peut être m'en dire plus sur mon père, retrouver un dossier sur ses origines.

Dans l'annuaire de l'Aube, j'ai effectivement trouvé ce nom mystérieux et simple : Babeau. "Oui, je suis son petit fils" m'a dit Francis Babeau, "mais mon grand père est mort en 1944, tué par les Allemands, et sa maison a été incendiée. Il ne nous reste rien de lui."

Depuis, j'ai cherché à comprendre quel avait été le destin tragique de Jules Babeau et j'ai trouvé trois histoires bien différentes.

La version locale :

Le 23 août 1944 une compagnie de résistants fait un barrage sur la route venant de Troyes et sur celle menant à Bar-sur seine et Chaource, la nuit se passe dans le calme.

Le matin du 24 vers les 9 h 30 un side-car puis un camion allemand approchent, à 300m le side-car apercevant le barrage, fait demi-tour. Les résistants ouvrent le feu, le side-car accroche un arbre et se renverse, le camion stoppe et les trente soldats sont exterminés. Mais un soldat allemand a réussi à se sauver et à alerter les troupes cantonnées au lycée de Troyes. Vers 11 heures les Allemands reviennent au nombre de 300, la compagnie au nombre de 50 ouvre le feu au fusil-mitrailleur, panique chez les assaillants qui laissent 60 morts sur le terrain. Calme à nouveau, mais ils ne sont pas partis ! Et c'est à nouveau l'attaque, et au mortier de 88. Trois Allemands avec une mitrailleuse tentent de contourner, le FM du groupe ouvre le feu, cet élément avancé est anéanti. Sans renforts, les résistants sont forcés à la retraite. Ils se dispersent dans les bois de Maison-Blanche.

La bataille est terminée, mais la tragédie commence....

Les Allemands arrivent sur trois colonnes. La première suit la voie de chemin de fer et débouche derrière Buchères. La seconde au centre atteint Courgerennes et va détruire Villepart. La dernière opère un mouvement tournant et en liaison avec la première encercle Buchères.

Dans le Château de Courgerennes occupé par la famille Babeau, Mme Babeau sort pour parlementer, elle reçoit une balle en plein coeur. Son mari tente à son tour de parlementer dans leur langue, il s'effondre lui aussi. Mme Mauricette Tinet déjà blessée est tuée à son tour, puis les Allemands font sortir tous les occupants du Château et les exécutent au fur et à mesure. Quatre membres de la famille Voillemin sont ainsi assassinés. Deux petits enfants restent, on les emmène sur la pelouse et on les tue à coups de bottes.

A 12 h 30 la tuerie terminée, les Allemands incendient le Château. De partout des familles entières sont ainsi massacrées. A 15 heures des hommes et des femmes sont rassemblée pour être massacrés, mais l'officier allemand, calmé par un habitant du pays, ancien officier, se retire avec ses hommes. Au total 68 martyrs, dont :

10 enfants de moins de 10 ans
5 personnes de plus de 70 ans
35 femmes
des bébés de 18, 11, et 6 mois.

Dans les bras de sa mère, Jacky Foissier, 20 mois, est tué, puis sa soeur 11 ans et sa mère 35 ans.

Les 3 Babeau assassinés :

Marguerite 64 ans
Jules 72 ans
Maria 25 ans.

15 blessés dont Jean Dupuis 12 ans, grièvement.

Ce récit m'a été transmis par Georges Lhopital en 1999.


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Roger Bruge



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