Histoires de Français Libres ordinaires

 
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El Alamein

 

Dans "Calots Rouges et Croix de Lorraine"

 

Page 40

La l3e Demi-brigade de Légion étrangère (D.B.L.E.) devait mener l'action principale, renforcée pour son appui direct par la section de chars Beaugrand et le peloton d'autocanons Ballarin.

Mord Deville, avec trois pelotons d'automitrailleuses, était chargé de la protection rapprochée de la Légion jusqu'à "January", de son éclairage jusqu'à "February", puis de sa couverture à l'ouest.

Le peloton d'automitrailleuses Candy devait couvrir la Légion sur son flanc droit, et la compagnie de chars Divry remplir la même mission au sud et au sud-ouest dans la région de Munqar Ralaat. Le reste de la "Colonne Volante", deux pelotons d'autocanons et un d'automitrailleuses était maintenu en réserve par le chef d'escadrons de Kersauson.

Dans l'après-midi du 23 octobre, la "Colonne Volante" se porta, par pelotons, à Qaret el Humar, puis distribua les éléments qui devaient agir auprès des diverses formations de Légion. Vers 19 heures, la formation franchit le dernier champ de mines anglais "Nuts" par la porte "Waterford", large et bien balisée par des tresses blanches; le terrain pourri suivait tout de suite : les fantassins, portant à dos leurs armes lourdes, enfonçaient dans le sable jusqu'aux chevilles : la colonne motorisée cheminait plus lentement encore et avec d'énormes difficultés, les véhicules devant souvent être remorqués par les chars. Au bout de deux heures, 2 km seulement avaient pu être parcourus.

A 10 heures, alors que le terrain plus ferme facilitait la progression, "le silence de la nuit fut rompu par une illumination de toute la ligne de front suivie d'un gigantesque roulement qui ne devait plus cesser durant plusieurs jours. La bataille d'El Alamein commençait, avec sa préparation par un millier de canons". (Mémoires de Churchill)

A 1 heure du matin, la tête de la colonne française atteignit "January", où les sapeurs entreprirent de créer une brèche. La pleine lune éclairait la longue colonne, aussi l'ennemi, qui voyait tout du haut de sa falaise, réagit-il par des tirs d'artillerie bien réglés.

Les spahis de Morel Deville passèrent alors en tête, sur un sol plus ferme; ils atteignirent "February" assez vite mais ne s'en rendirent compte qu'après l'avoir traversé, en rencontrant un fil de fer marqué "achtung Minen" du côté ennemi, car les Allemands avaient enlevé la signalisation du côté ami. Deux automitrailleuses sautèrent en essayant de se sortir de ce guépier. Sur l'une d'elles, le maréchal des logis Féron était grièvement blessé ; il mourut plus tard de ses blessures.

Le détachement Morel Deville s'installa alors face à l'ouest et aucun incident ne marqua la nuit, sauf l'incursion d'une patrouille ennemie qui fut repoussée et que l'adjudant Noël essaya de capturer : l'explosion d'une mine sous sa blindée l'en empêcha.

Toute l'attention était portée sur l'attaque du 1er bataillon de Légion, à l'ouest, qui démarra à 2 heures du matin, mais rencontra tout de suite un champ de mines non encore repéré. Plusieurs "Bren Carriers" furent détruits et les canons antichars comme les mortiers lourds ne purent suivre l'infanterie. Celle-ci fut accueillie au pied de la falaise par un violent tir d'infanterie, de mortiers et d'artillerie auquel elle ne pouvait répondre, les liaisons avec l'artillerie étant interrompues. Toutes les tentatives de débordement menées par l'engagement des compagnies de réserve échouèrent: le 1er bataillon comme sa compagnie de renfort, la 22eme compagnie Nord Africaine étaient cloués au sol en plein terrain découvert à 200 m de la falaise. Il fallait profiter de l'obscurité pour se mettre à l'abri. Au lever du jour, à 6h45 le 24 octobre, le bataillon s'était replié derrière le nouveau champ de mines.

C'est alors que des chars "Honey" (U.S.M3) ennemis ouvrirent le feu sur des véhicules de la Légion, arrivant de l'ouest, détruisant deux "Bren Carriers" et une ambulance. L'intervention de Morel Deville avec le peloton Rouxel leur fit faire demi-tour.

Vers 8h30, une colonne ennemie de quatorze chars dénombrés renouvela cette contre-attaque. Un char "Grant", bien blindé et armé d'un canon de 75 sous casemate se dirigea vers le peloton Kochanowski, mais dut se replier sous les coups répétés du canon de 25 et d'un canon de la Légion. Les autres chars, moins blindés et moins armés, se heurtèrent aux pelotons Rouxel et Noël et durent rompre le combat, laissant un char en flammes sur le terrain. Ils amorcèrent alors un mouvement tournant par le sud-ouest qui fut arrêté par la compagnie de chars Divry tirant sans discontinuer et détruisant deux chars ennemis. Cette manoeuvre imposa le repli de l'adversaire : huit de ses chars furent retrouvés plus tard sur l'emplacement de ces combats.

Le 2eme bataillon de Légion avait été engagé plus à l'est à 5h30.Il réussit à escalader la falaise en dépit d'un feu violent grâce à l'efficacité de l'artillerie. A 6h 15 les fusées signalant la conquête du premier objectif étaient tirées.

La progression avait repris sur le sommet du plateau, mais les canons antichars n'avaient pas pu suivre à cause du nouveau champ de mines, dans lequel l'ouverture d'une brèche était entreprise. Vers 7h 15, une contre-attaque blindée était lancée sur le haut du plateau contre les légionnaires du 1er bataillon qui, sans moyens de défense, durent s'abriter derrière le rebord de l'escarpement pour éviter d'être tous massacrés.

L'attaque avait échoué, tout comme celle des "Desert Rats", vétérans du désert, ou de la 50eme Division, nouvellement arrivée d'Angleterre. Ces deux divisions disposaient pourtant de moyens autrement puissants que les Français Libres. Sans doute l'échec était-il le sort général des opérations de diversion, mais il n'en est pas moins amer à ceux qui le subissent.

Il fallut donc replier le dispositif, manoeuvre qui devait être menée sous les vues de l'ennemi. Le 2eme bataillon allait accomplir son mouvement accompagné par de violents tirs d'infanterie et d'artillerie, auxquels se joignirent bientôt le feu des blindés lorsqu'ils purent atteindre le bord de l'escarpement.

Ce fut alors au détachement de la "Colonne Volante" d'intervenir: se portant en avant sous un feu violent, il entra en action. Le peloton Ballarin effectua un tir de plus de cent obus, détruisant deux chars et une automitrailleuse à 2.000 m. La brigade donna alors l'ordre aux deux pelotons d'autocanons tenus en réserve d'essayer d'atteindre également le plateau de leurs feux.

Le peloton Seroux, sous un tir ajusté d'artillerie, s'avança jusqu'au pied de l'escarpement d'où il effectua, à découvert, un tir d'environ 30 obus sur le plateau où l'ennemi se dissimulait aisément. Il se replia ensuite, conformément aux ordres, en continuant son tir.

Le peloton Baumann déboucha à son tour, mais ne put tirer plus de 10 obus, pris sous un violent bombardement. Ces actions, comme celles du peloton de chars, avaient été rendues difficiles par les vues plongeantes de l'ennemi, mais elles avaient permis à la Légion d'échapper aux armes d'infanterie et aux obus de mortier. Elles ne pouvaient cependant empêcher l'artillerie de placer ses obus, comme à la main, sur les colonnes qui étaient ralenties par le franchissement du champ de mines "January". C'est à cette occasion que fut tué le lieutenant colonel Amilakvari, dont le corps fut ramené par le char de l'aspirant Galley.

Le peloton d'automitrailleuses Candy était en position sous l'éperon d'El Himeimat, couvrant le flanc nord de la Légion. Complètement dominé par les vues de l'ennemi, il était une des cibles favorites de l'artillerie. Son chef de peloton fut tué; ancien sous-officier, il avait porté ses galons d'officier moins d'un mois ! Son corps devait être ramené le lendemain sous un feu violent par Kochanowski et le Goasguen. En fin de matinée, la "Colonne Volante" rompait le combat, le repli de la brigade ne risquant plus d'être menacé.


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