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Passé en Palestine sur ordre ?

 


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Pierre Ghémard est parti vers la Palestine parce qu'un officier avait demandé des volontaires pour continuer la guerre avec les Britanniques. Cet officier appliquait très probablement les ordres du colonel de Larminat.

Ces ordres sont reproduits dans Chroniques irrévérencieuses et ils montrent que ceux qui ont rejoint la France Libre à cette occasion l'ont fait très probablement en connaissance de cause. Par contre, ils furent bien moins nombreux et beaucoup plus démunis que ce qu'espérait de Larminat.

Page 58

Je rédigeai donc, en mon nom personnel, une circulaire (que j'ai récupérée depuis au greffe du tribunal de Gannat) et que voici :

Le colonel de Larminat.

CIRCULAIRE

L'armistice est accepté par la Flotte et l'Afrique du Nord ; le Levant doit s'incliner.

Tous les militaires français et étrangers qui refusent de soumettre et acceptent tous les risques que comporte la rébellion seront accueillis dans les rangs de l'armée britannique où ils constitueront un corps de volontaires français et continueront en Egypte la lutte contre l'ennemi.

Le but de la présente circulaire est d'organiser la constitution, la réunion et la mise en route sur la Palestine d'un corps de volontaires bien armé et approvisionné.

***

I. - Il ne faut surtout pas de vocations factices décidées dans un moment d'emballement ou pour suivre l'exemple d'un ami ou d'un chef. La décision à prendre est grosse de conséquences séparation des siens, exil du pays natal, perte de la nationalité, exécution en cas de capture, service dans une armée étrangère.

Il ne faut donc faire de pression sur personne. Ceux qui viendront doivent s'être décidés d'eux mêmes et en toute indépendance.

Il ne faut pas solliciter les indigènes, qui en général ne comprendraient pas la portée de leur acte. Ceux qui voudront suivre leurs chefs seront accueillis, mais après avoir été bien avertis qu'ils s'exposent à ne jamais revoir leur pays natal.

Ne pas perdre de vue que ce qu'il faut ce sont des combattants solides, bien encadrés, mais sans excès d'officiers de grade élevé et âgés, qui ne pourraient avoir qu'un emploi inférieur à leur grade.

Il peut être intéressant de constituer des formations de cavaliers autochtones (Tcherkess ou Druzes), mais à condition de les trier avec grand soin. De toute façon il n'en faut qu'un nombre restreint.

Si certains volontaires ont leur famille avec eux, elle sera dirigée sur la Palestine et l'Egypte en tête du transport.


II. - Constitution générale du Corps.

Il s'agit d'abord d'avoir une infanterie très fortement dotée en armes automatiques, en antichars, en pièces contre avion de petit calibre. Ne laisser au Levant aucune arme antichars ou contre avions emporter des armes automatiques en surnombre. Un peu de cavalerie à cheval, de préférence autochtone. Le plus possible d'engins blindés modernes (A. M. Panhard et surtout Chars R.35) mais en limiter le nombre aux possibilités de réparation (ateliers).

Ce qu'on pourra d'artillerie, mais uniquement motorisée, fût-ce par des moyens de fortune. Viser spécialement : le matériel du 1er groupe du R.A.C.L., complété par la batterie de 75 porté d'Alep, le matériel du groupe de 105 L. motorisé de Damas, le matériel d'un ou deux groupes de 75, sans les attelages, mais avec le plein de munitions, on le motorisera tant bien que mal plus tard. Préparer le passage du matériel, le personnel s'affectera selon les ressources.

Des éléments de génie, transmissions et services.

Tous ces éléments doivent être dotés d'un train de combat muletier excellent et d'un train régimentaire automobile en parfait état. Prélever sur les unités restant en place (et d'abord celles des troupes spéciales) tout ce qui est nécessaire.

S'il manque localement des voitures automobiles, tenir compte de ce qu'il est prévu une réserve de véhicules.


III. - Exécution des opérations de formation.

Dans chaque place importante (Beyrouth, Damas, Soueida, Homs, Ablah, Rayak, Tripoli, Lattaquieh, Alep) les volontaires seront réunis à l'initiative des officiers prenant la tête du mouvement. Celui-ci doit avoir vis-à-vis des autorités militaires locales, la forme d'un pronunciamento, mais il n'en doit résulter aucun désordre. Rassembler le personnel au plus tôt en un casernement ou un camp extérieur commandant la Place (par exemple Ving et unités motorisées à Alep, Aujac et forts à Damas, quartier Degrées du Lou à Beyrouth), y réunir aussitôt le matériel.

Les unités restant au Levant doivent aussitôt se reconstituer en se réduisant et resserrant de façon à rester aptes à leur mission de maintien de l'ordre. En aucun cas ne mêler l'élément civil local à cette affaire. Il est bien entendu qu'elles représenteront l'élément fidèle au gouvernement, impuissantes contre la rébellion militaire.

Les volontaires des Places secondaires se réunissent à la Place importante la plus voisine.

Dans chaque Place, l'officier volontaire le plus ancien dans le grade le plus élevé préside à l'organisation locale et passe dans les délais les plus brefs à l'adresse suivante :

Colone1 de Larminat, chef d'état major du T. O. M. - O. le message suivant :

Place de............ Plan d'enlèvement spécial. Officiers.......... Sous-officiers et troupe.........., animaux.......... véhicules automobiles............ chars et A.M..........
Répartition par arme : Infanterie et assimilés.......... mécanisés........... cavaliers hippos......... artilleurs..........., génie, transmissions services............
Nom et grade du chef de détachement:...........


IV. - Approvisionnements.

Chaque détachement doit avoir son plein de munitions, deux jours de vivres de réserve, deux jours de tous vivres, ses vivres de chemin de fer et de débarquement, pleins d'essence. S'il lui reste des moyens de transport disponibles, emporter le maximum de munitions. Attention aux bagages, ce sont les munitions et les armes qui sont précieuses.


V. - Transports.

Trois points de rassemblement prévus, à rallier au plus tôt dès que les détachements sont formés.

- Ablah Rayak pour tout ce qui est au Nord du parallèle de Baalbek, et les garnisons immédiatement voisines.
- Beyrouth pour la zone de Beyrouth et Liban centre et sud.
- Damas Mezzé pour Sud-Syrie.

Rejoindre ces points de rassemblement, à l'initiative des chefs de détachement (sauf pour les transports V.F. réglés par ordres particuliers dès que les effectifs seront connus) au plus tôt. Se ravitailler partout sur les établissements locaux des services. De là les courants de transports en direction d'Haiffa seront organisés par voie ferrée et route.


VI. Des dispositions particulières règlent la constitution des approvisionnements nécessaires en munitions et matériels.


Recommandations essentielles

1° Il faut aller vite, car la Commission d'armistice franco-italienne peut arriver très tôt.

2° Cette circulaire ne doit être remise qu'à des gens très sûrs. Brûler tout exemplaire non utilisé.

Signé : Larminat.


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