|
Le témoignage de Denys Boudourd est disponible dans : "Nous, les Français combattants de 39-45" de Tauriac et Pellissier
Extrait de "Le Cannois" N°0219 Jeudi 15 Mai 2003
"Maurice Fleurent
Interview du Président d’Honneur
du Rassemblement Gaulliste de France…
Pascal Gaymard : Mon Lieutenant-Colonel, vous venez de publier un livre intitulé, "Mon Parcours Singulier". Qu'est-ce que ce livre tend à démontrer ?
Maurice Fleurent : Il tend à démontrer qu'il faut toujours rester droit dans la tempête et ne jamais accepter la fatalité de la défaite. Ce livre, c'est le récit de mon existence inachevée, étalée sur plus d'un demi-siècle. Installé depuis trois générations au Caire, je me suis engagé, à 18 ans, dans la résistance extérieure dès l'appel du 18 juin 1940. Sous l'uniforme de la France Libre, j'ai effectué mon temps de guerre dans le désert syrien en tant qu'agent de renseignements auprès des tribus bédouines. Devenu militaire de carrière en 1945, j'ai servi comme officier de liaison entre les Etats-Majors Alliés à Berlin-Ouest entre 1950 et 1955. Rendu à la vie civile à ma demande, je me suis reconverti en tant que directeur d'un établissement médical pour enfants au sein de la CGPME. Sur le plan politique, je suis devenu Gaulliste de Gauche dans la 3ème voie de la participation tout en étant candidat à la députation dans les années 70. J'ai aussi fait partie du Mouvement Solidarité/Participation, animé par Philippe Decharte.
P. G. : Qu'est-ce que cela signifie d'être Gaulliste de Gauche?
M. F. : Ce mouvement existe depuis de nombreuses années à Paris. Le Général de Gaulle, dès 1941, voulait une rupture avec le capitalisme sauvage et la bureaucratie communiste. Allié à cet homme remarquable qu'était, Pierre Brossolette, il a incarné la 3ème voie de la participation entre la Droite et la Gauche, ils se voulaient au-dessus des Partis, au Centre… Cette philosophie politique n'a pu être menée à bien dans le gouvernement de 1946 ce qui a entraîné le départ du Général. Etre fidèle au Gaullisme, c'est défendre une certaine idée de la France et des rapports sociaux, bien loin de l'état d'esprit actuel.
P. G. : Ce Mouvement existe-t-il encore aujourd'hui ? Un homme politique l'incarne-t-il ?
M. F. : Ce Mouvement n'est plus actif de nos jours mais il a encore des partisans ou des anciens. Le Président de la Région, Michel Vauzelle a été Gaulliste de gauche. Actuellement, Philippe Seguin et François Fillon représentent ce courant d'idée au sein de l'UMP. Je leur ai proposé la Présidence du Mouvement du Rassemblement Gaulliste de France. Je suis toujours en relation suivie avec François Fillon.
P. G. : Comment pourrait s'incarner la "Participation"?
M. F. : Elle pourrait s'incarner dans un Ministère délégué auprès de François Fillon. Il faut instaurer un nouveau dialogue social, un nouveau consensus basé non plus sur l'affrontement et la grève mais sur un état d'esprit gaullien.
P. G. : Quand est-ce que vous identifiez la rupture entre les idées du Général de Gaulle et ses représentants?
M. F. : Lorsque Georges Pompidou est devenu directeur de cabinet du Général puis Premier Ministre en remplacement du fidèle Michel Debré, la rupture était consommée. Ensuite, il s'est servi de Jacques Chirac et de Valery Giscard d'Estaing pour éliminer Jacques Chaban-Delmas qui incarnait les espoirs gaullistes avec sa nouvelle société. Le Gaullisme de Gauche n'a pu être sauvé par le général Billotte, un compagnon de la Libération. Georges Pompidou était un homme de Droite, pas un Gaulliste…
P. G. : Quelle ambition vous anime-t-elle, actuellement ?
M. F. : Je souhaite activer ce Ministère à la Participation. Mais au-delà, j'essaie de perpétuer la flamme prophétique et permanente de la Participation ; c'est mon vœu le plus cher de voir revivre les idées du Général de Gaulle. Une 3ème voie est possible, il faut y croire, il en va de l'avenir de la France…" Laurent Laloup le samedi 23 décembre 2006 Contribution au livre ouvert de Maurice Fleurent | |