Contributions - Les Français Libres

Les Français Libres, de juin 1940 à juillet 1943

 
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Le témoignage du Lieutenant-Colonel (C.R.) Maurice FLEURENT "DANS LE DÉSERT SYRIEN"

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"En Janvier 1944, le Général Beaumont-Nesbitt qui, à l'époque, commandait les forces britanniques dans les États du Levant sous mandat français, donne l'ordre à ses Officiers d'organiser à Beyrouth une réception pour resserrer les liens de l'amitié franco-britannique.

Tous les Officiers généraux et supérieurs français furent invités.

En mission au Levant à cette époque, je fus naturellement invité à m'y rendre.

Cette réception fut donnée dans les salons du fastueux hôtel Saint-Georges, aujourd'hui hélas disparu par suite des dramatiques événements de ces dernières années.

L'ambiance y était chaleureuse et le Martini-Gin coulait en abondance. Trop sans doute puisque tout à coup un M.G.W. anglais, quelque peu éméché, empoigne l'épaule d'un Officier français son voisin et à très haute voix s'écrie dans un français fortement marqué d'un accent britannique : "Oh, my dear, on a reçu l'ordre de vous aimer aujourd'hui !".

Emmené aussitôt par ses collègues anglais, il fut littéralement volatilisé.

Ce cri du coeur illustre remarquablement le double jeu mené jusqu'à notre départ et sans relâche par l'autorité anglaise au Levant et tout particulièrement par le personnel militaire dépendant du "Colonial Office" sous l'autorité complaisante pour ne pas dire davantage du Général Edward L. Spears, nommé en Février 1942, envoyé extraordinaire et Ministre plénipotentiaire auprès des républiques syrienne et libanaise.

En dépit de l'amour qu'il prétendait garder à la France, sa prétendue "seconde patrie", il ne cessa de ruiner l'autorité de la France- Libre dans ces deux pays jusqu'à notre éviction complète en 1945.

Un film pris à Damas au cours de manifestations montre nettement l'attitude des policiers anglais encourageant la population à manifester contre la France.

En Mars 1944, je reçus un télégramme de Mr Mendes- France, Commissaire pour la France- Libre, d'avoir à accueillir, à Beyrouth, un Officier-Général anglais, envoyé spécialement de Londres, pour mettre avec moi, au point, l'application dans les territoires sous mandat français, d'un accord conclu entre Duff Cooper, Ministre du Foreign Office et Mendès- France qui garantissait totalement notre rôle dans ces deux pays.

Je le reçus à l'aérodrome un Vendredi. Spears était également présent. Je proposais que nous nous réunissions dès le lendemain.

Spears s'y opposa formellement arguant de la fatigue de l'envoyé londonien et voulut que notre première réunion se tint le Lundi matin. Il ne pouvait s'agir là que d'une manoeuvre pour permettre au Général Spears de "chambrer" soigneusement l'envoyé de Duff Cooper.

J'ouvris la réunion le Lundi matin à 9 heures en faisant remarquer que nous étions réunis pour la mise en application de ce fameux accord dont les termes étaient fort explicites.

Spears prétendit alors que notre rôle était simplement d'examiner si la mise en application de cet accord était possible eu égard aux circonstances.

......"

Laurent Laloup le lundi 23 juin 2008

Contribution au livre ouvert de Maurice Fleurent

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