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"... elles, les femmes de l'ombre. Il y a soixante ans, elles combattaient dans la Résistance.Ce sont elles, les femmes de l'ombre. Il y a soixante ans, elles combattaient dans la Résistance. Originaire d'Etel, la photographe Marie Rameau, les met en lumière dans un livre (*) touchant. Qu'elles sont belles. Sans mise en scène, sans fard, sans retouche pour atténuer les traces des années passées. Belles et tristes pour certaines, belles et malicieuses pour quelques-unes, belles et extraordinairement souriantes pour d'autres. Aucun des portraits réalisés par Marie Rameau ne laisse indifférent. Ces femmes captent et captivent le regard. Que cachent leurs yeux pénétrants ? Un passé douloureux que certaines dévoilent « pour le devoir de mémoire », que d'autres évitent ou taisent car la douleur est toujours là, que toutes, ou presque, minimisent. « Vous savez, moi, ce que j'ai fait, c'est de la petite résistance », explique Adrienne Marie, l'une des trente femmes que Marie Rameau a photographiées. « Ne vous méprenez pas en regardant les portraits de ces vieilles dames », précise d'emblée la photographe. « Si quelqu'une vous fait penser à votre grand-mère ou à votre mère, souvenez-vous que ces femmes furent une minorité à mettre ainsi leur vie en danger ». Au fil des pages, l'auteur dénoue son parcours, à la manière d'un réseau, sur les traces de ces résistantes. D'une rencontre à une autre, Marie Rameau raconte ses larmes sur le seuil de certaines portes, ses silences après des récits impensables, la chair de poule qui monte parfois le long des bras, la tendresse qui étreint, l'amitié qui naît. « Au fil des années, le travail a duré cinq ans, il y a eu des rencontres plus singulières que d'autres qui font que je ne pouvais pas me satisfaire d'une photo », explique-t-elle. « Il y avait des silences porteurs de quelque chose. Je devais aller plus loin ».
Cinq d'entre elles sont décédées depuis
Elle a donc pris le parti d'en faire un livre. Ce n'est pas un récit de résistance. C'est une histoire de rencontres avec des femmes qui ne pouvaient laisser faire l'impensable. Marie Rameau raconte les mots choisis pour parler de ce passé, la manière d'appréhender cette photo qui renverra de soi une image d'un âge bien avancé. Cette photo qui renvoie surtout le regard hypnotique de Denise Vernay, la soeur de Simone Veil, la plénitude de Germaine Tillion, la jolie timidité d'Odette Kerbaul, la fatigue de Gilberte Pradeau, la gaieté de Josette Dumeix. Cette photo qui est déjà devenue un témoignage puisque cinq d'entre elles s'en sont déjà allées. Et puis, il y a Simone. Simone, sans qui ce livre n'aurait sans doute jamais pris corps dans l'esprit de Marie Rameau. « Tout a commencé quand j'avais quinze ans », raconte la photographe. « Je devais recueillir un témoignage sur la guerre 39-45. Mon père m'a incitée à aller voir Simone Le Port, une femme que je croisais régulièrement à Etel où nous vivions toutes les deux. Quelques jours plus tard, je l'écoutais me raconter sa résistance, son arrestation et sa déportation. Je ne savais pas qu'elle avait été déportée, je savais à peine ce qu'était un déporté. Les mots de Simone furent un choc terrible au beau milieu de mon adolescence ». Simone Le Port avait 25 ans en descendant du train à la gare d'Auray en 1945. Elle pesait 35 kg. Elle revenait de Ravensbrück. Sa photo, à 82 ans, est en couverture du livre de Marie. « C'était essentiel, elle a bouleversé ma vie ». *« Des femmes en résistance 1939-1945 ». Sorti lundi aux éditions Autrement..."
" Photos DR/Marie Rameau
Marie Rameau a rencontré plusieurs résistantes bretonnes pour sa galerie de portraits : Simone Le Port (en haut), d'Etel, mais aussi Renée Maurel, d'Ille-et-Vilaine." 
Laurent Laloup le samedi 15 août 2020 Contribution au livre ouvert de Renée Jeanne Marie Salaün épouse Maurel Montrée dans le livre ouvert de 2 Simone Marguerite Le Pen épouse Le Port | |