| | 68660 contributions trouvées parmi 68660 | | | | | |
| |
|
Extrait de : 
Herlaut Jacques
Il est né à Rabat, a vécu son enfance à Tanger, puis est revenu à Rabat au lycée Gouraud, où il suit les cours de philosophie ; il est doux et espiègle, imaginatif et cordial, avec un regard tendre, comme tourné vers ses rêves d'enfant qu'il ne veut pas quitter. La défaite a créé en lui un immense besoin d'évasion : s'en aller rejoindre les forces françaises libres par tous les moyens. Tanger, si près de Gibraltar, est la ville de la tentation héroïque : avec ses camarades de lycée, il discute ferme et arrive à la seule conclusion qu'il juge acceptable :
" Par tous les moyens rejoindre l'Angleterre et se battre ".
Il passe le détroit, arrive à Gibraltar, rejoint Londres, le 26 avril 1942. Il entre à l'école des cadets et se prépare au débarquement avec les forces alliées. Il écrit de Londres le 17 juillet 1944, tandis que la première tête de pont est consolidée sur la côte normande :
" j'attends l'heure des combats et je la vois arriver avec joie "
et encore : " J'espère bientôt mettre le pied sur le sol de notre France ".
Jacques Herlaut ne connaîtra du combat terrible des blindés que la première rencontre : la mort a sauté sur l'enfant de jadis qui était venu l'affronter de son regard limpide. Une citation magnifique à l'Ordre de l'Armée raconte la fin du jeune volontaire des Forces Françaises Libres, tué en pleine action, à son poste de combat.
" Jeune chef de peloton, plein d'allant et d'entrain ; peu de temps après avoir été engagé, le 10 août 1944, avec son peloton a, par des manœuvres d'encerclement, détruit un grand nombre d'ennemis et a livré du terrain à l'infanterie. Pris à partie par un canon antichar et un char ennemi, a détruit le premier, tiré sur le second et est mort glorieusement à son poste de commandement, tué dans sa tourelle par un obus ".
Croix de guerre avec palme, Médaille militaire. 
Laurent Laloup le jeudi 14 décembre 2006 Recherche sur cette contribution | |
|
Bio : Extrait de 
ROBERT MARJOLIN
(Paris, le 27 juillet 1911 ; Paris, le 15 avril 1986)
Haut fonctionnaire et économiste.
Carrière
—1931. Diplômé de l'École pratique des Hautes Études. — 1931-1932. Séjour d'études en Angleterre. — 1932-1933. Séjour à Yale, sous le patronage de la Fondation Rockefeller. — 1934. Licencié en philosophie. — 1934-1936. Assistant à l’Institut de Recherches économiques et sociales. — 1936. Chargé de mission auprès de L. Blum, président du Conseil ; démissionne. — 1940. Économiste à Londres auprès de J. Monnet, président du Comité de Coordination franco-britannique. — 1940-1941. Chef de cabinet d’E. Monick, secrétaire général du Protectorat de la France au Maroc. — 1941-1944. Membre des Forces françaises libres à Londres. — 1944. Chef de la mission française à Washington. — 1945. Directeur des Relations économiques au Ministère de l'Économie nationale. — 1945. Agrégé de Sciences économiques. — 1946-1948. Commissaire général adjoint au plan de modernisation et d’équipement (plan Monnet). — 1947. Négociateur français à la Conférence de Paris, comme président du groupe de travail au Plan Marshall. — 1948-1955. Secrétaire général de l'Organisation européenne de la Coopération économique (plan Marshall). — 1955-1958. Professeur de droit à l'Université de Nancy. — 1956-1958. Conseiller technique de Ch. Pineau, ministre des Affaires étrangères ; vice-président de la délégation française en vue de la C.E.E. et de l’Euratom. — 1958-1967. Vice-président de la C.E.E. — 1967-1969. Professeur à la Sorbonne.
— Administrateur de sociétés : Robeco (1981), Royal Dutch (1982), puis de Shell française ; conseiller de diverses entreprises : I.B.M., American Express, AMAX, Air Products.
— Secrétaire général du Comité d’Études pour la République.
— Décoré de la Médaille de la Liberté (États-Unis), Commandeur de l’Ordre de l’Empire britannique, Commandeur de l’Ordre du Drapeau yougoslave, Grand-Officier de l’Ordre de la Couronne (Belgique), Grand-Croix de l’Ordre d’Orange-Nassau (Pays-Bas), Grand-Croix de l’Ordre du Mérite de la République italienne, Grand-Croix de l’Ordre du Mérite de la République fédérale d’Allemagne, Grand-Croix de l’Ordre du Phoenix (Grèce) et Grand-Croix de l’Ordre de Dannebrog (Danemark).
Principales publications :
1935 - Chronologie économique internationale.
1936 - L’évolution du syndicalisme aux États-Unis, de Washington à Roosevelt.
1941 - Prix, monnaie et production.
1955 - Europe and the United States in the World Economy.
1986 - Le travail d’une vie, mémoires 1911-1986.
Secrétaire de rédaction de L’Activité économique ; collaboration aux Nouveaux Cahiers et à l’Europe nouvelle.
Biographie et bibliographie :
Notice sur la vie et les travaux de Robert Marjolin, par G. Defossé, Publications de l’Institut de France, 1989, n° 6.
Notices biographiques et bibliographiques. Membres titulaires, associés étrangers en date du 1er janvier 1990…, Paris, Académie des Sciences morales et politiques, 1990, p. 426-427.
Institut de France. Le second siècle, 1895-1995 , t. II, sous la direction de Jean Leclant, Institut de France, 1999
Colloque consacré à Robert Marjolin, Publications de l'Institut de France, 2004, n°5. Laurent Laloup le jeudi 14 décembre 2006 Recherche sur cette contribution | |
|
wikipedia.org
Née Kathleen Annie Pannonica Rothschild, elle est la fille du Lord Charles Rothschild. C'est lui, chasseur de papillons à ses heures perdues, qui, en découvrant une espèce inconnue dans une région d'Europe centrale appelée dans les temps anciens Pannonie, décida d'en donner le nom et au papillon, et à sa fille.
Jeune femme d'une grande beauté, elle s'éprit en 1935 d'un jeune militaire français : le baron Jules de Koenigswarter. Issus du même milieu aristocratique, leur union semblait naturelle ; et pourtant tout les opposait. Lui : rigide, sombre, sérieux, responsable, intéressé seulement par les arts martiaux. Elle : fantasque, artiste (pianiste et peintre talentueuse), se souciant peu des convenances, fort peu disposée remplir les fonctions mondaines auxquelles son éducation semblait l'avoir destinée. Une originale, en somme. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Jules s'engage dans les Forces Françaises Libres, et Nica aurait pris le maquis. Six enfants naîtront de leur union. Après la guerre, la famille s'installe à New York, mais Nica ne fait pas une bonne épouse de diplomate : s'habille sans soin, déteste les réceptions, fume des joints, et adopte les mœurs et vices de ceux qu'il appelle des nègres. Le baron quitte sa femme, elle reste à New York (à l'hôtel Stanhope sur la 5ème Avenue) où l'enchaîne sa passion pour le jazz. Elle est exclue de la famille, les Rothschild lui coupent les vivres, il lui est heureusement possible de conserver deux Bentley et une Rolls, d'acheter une superbe maison sur les rives du New Jersey avec vue panoramique sur Manhattan, et d'entretenir deux bonnes centaines de chats.
Personnalité flamboyante, elle a rayonné sur ses contemporains avec une passion et une générosité exceptionnelles. Ce fut une bienfaitrice, une mécène, des jazzmen new-yorkais. Thelonious Monk écrivit pour elle la superbe composition Pannonica, mais on trouve également le très subtil Nica's tempo de Gigi Gryce, Blues for Nica de Kenny Drew, Tonica de Kenny Dorham, Thelonica de Tommy Flanagan ou encore le célèbre Nica's dream d'Horace Silver.
Elle a signifié pour beaucoup l'amour, l'espoir, ou la survie pure et simple. Charlie Parker (qui mourut dans son appartement), Bud Powell, et surtout Thelonious Monk, trouveront chez elle un refuge. 
Laurent Laloup le jeudi 14 décembre 2006 Recherche sur cette contribution | |
|
Extrait de : zonta-district27.org 
"D’après le message de Monsieur Patrice de La Chaise (frère de France)
Dans sa vie, France aura connu quatre passions : la Norvège, les voyages, son mari François et le Zonta International. Une autre passion durant la guerre : aider les autres et vivre et partager avec ses camarades.
Troisième fille de sept enfants, France arrive en Norvège, à cinq ans, avec toute sa famille en 1920. Elle étudie à Oslo et obtient un diplôme norvégien de puériculture.
A vingt ans, elle s’est empressée –loin des siens– de mettre sa formation en pratique, passant près d’une année dans un dispensaire en Iran, puis dans des séjours prolongés en Chine et au Japon.
La guerre ramène France en Europe d’où elle gagne l’Afrique du Nord en 1941 pour y souscrire un engagement dans les Forces Françaises Libres.
Elle reçoit à Londres une formation d’infirmière-ambulancière et rejoint en Algérie la Première Armée. Elle fait les campagnes d’Italie, Provence, Alsace et Allemagne.
Démobilisée, elle se « pose » à Paris. Elle est capitaine et est distinguée Chevalier de la Légion d’Honneur .
Elle crée une agence immobilière. Elle épouse François Mutin, compagnon exemplaire d’équilibre et de sagesse « indienne » et s’engage à fond dans le Zonta International, dont elle sera élue présidente à New-York en 1974.
Le très fort caractère de France, enclin à décider et à agir pour un féminisme intelligent, est complété par son immense générosité.
Elle était Officier de la Légion d’Honneur et Commandeur dans l’Ordre National du Mérite. Laurent Laloup le jeudi 14 décembre 2006 Recherche sur cette contribution | |
|
Jean-Marie SIMON de Noisy Le Sec (2e DB) Extrait de : 
Un Noiséen pendant la guerre
Je suis l'aîné d'une famille nombreuse de cinq enfants, trois garçons et deux filles. Nous habitions un immeuble boulevard Michelet.
Jean-Marie Simon
"(...) En résumé, cette classe 40, c'est-à-dire celle des jeunes gens qui ont eu 20 ans en 1940, a eu tous les destins possibles. Un quart a été fait prisonnier, les autres ont eu des destins très divers : chantiers de jeunesse, STO, volontaires de la France combattante, maquis, résistance intérieure mais aussi milice, Franc-garde... Plusieurs n'ont rien fait et sont passés au travers de tout.
Ceux qui ont combattu pour la libération de la France sont tous des volontaires qui méritent d'être honorés. J'y associerais tous les volontaires plus âgés, qu'ils soient français, étrangers ou de nos ex-colonies. (...)
Je n'étais toujours pas d'accord, je me disais : "Notre pays doit se relever, il faut combattre". Hélas, je ne voyais pas de résistance dans mon environnement et pourtant, je pensais : "Il faut partir".
J'envisageais de rejoindre un maquis dans la Nièvre, le pays de ma mère... Mais où était-il ?
À cette époque, en 42, il n'y avait rien d'inscrit, ni dans les journaux ni dans les gendarmeries. "Engagez-vous dans les troupes coloniales" n'avait pas été remplacé par "Engagez-vous dans la Résistance". Quand la zone dite "libre" a été occupée, le 11 novembre 1942, c'est à ce moment-là que j'ai pris ma décision. J'ai pensé que le maréchal Pétain, qui avait dit : "J'ai fait don de ma personne à la France", aurait dû se rendre prisonnier des Allemands. Il y avait surtout un général à Londres que j'entendais à la radio, et qui disait : "Rejoins-moi !" C'était le général de Gaulle, mais comment le rejoindre?
Bien que je m'appelle Jean-Marie, je n'avais pas tellement d'attaches bretonnes, aussi, il me fallait trouver un autre système pour rejoindre de Gaulle. J'ai contacté un de mes cousins qui était dans la Résistance à Puyoo, je suis allé le voir et il m'a dit : "Il faut passer par l'Espagne, je connais une filière de résistants". (...) Je décidai alors de tenter ma chance et je reconstituai de mémoire le parcours que j'avais fait de nuit avec le passeur. Malheureusement, j'ai alerté une patrouille allemande qui m'a tiré dessus alors que je traversais la Bidassoa à la nage...
Hélas, à mon arrivée sur l'autre rive, les Espagnols m'attendaient. J'étais prisonnier. C'était le 11 décembre 1942. (...)
Bien sûr, après, je me suis retrouvé en prison, c'était l'Hôtel de ville d'Irun, très belle demeure avec des murs moyenâgeux et fort épais. J'ai trouvé dix Français qui avaient été appréhendés dans la montagne alors qu'ils tentaient leur chance pour passer. C'est dans ces conditions que l'on voit ceux qui veulent continuer. »
Tentative d'évasion avortée, transfert au camp de Miranda
« Je logeais dans la baraque N° 1 avec vue sur la place de la Bandera. Je faisais partie du groupe français, d'autres avaient cru trouver une combine en se déclarant canadiens.
Le groupe le plus important était celui des Polonais qui était organisé militairement, puis celui des Belges. Nous n'avions pas forcément de bons contacts avec eux, car les Polonais nous reprochaient de ne pas les avoir soutenus, et les Belges nous reprochaient d'avoir laissé envahir leur pays. Nous n'y étions pour rien. (...) »
Départ pour Casablanca
« À ce moment-là, il fallait prendre une décision. J'avais la possibilité d'aller aux États-Unis pour apprendre à piloter ou pour devenir observateur, j'ai pensé que cela serait trop long, car je venais pour combattre. L'officier qui représentait les Forces françaises libres était un lieutenant installé derrière une petite table pas très riche.
L'officier qui représentait Giraud était un commandant avec une magnifique installation.
De toute façon, mon choix était fait depuis mon départ : je voulais rejoindre de Gaulle à Londres, donc la France libre. Après en avoir discuté avec l'officier gaulliste, j'ai cru comprendre que je devais, pour aller à Londres, m'engager dans les Corps francs d'Afrique. Ce fut fait !
[Photo ffl1944]
Nous avons traversé toute l'Algérie, nous avons été dirigés vers les confins est-algériens, pour rejoindre la colonne "Leclerc", qui n'était pas encore arrivée. À mon incorporation dans les Corps francs, avec les engagés de la Légion étrangère, j'avais perçu une tenue ancienne de l'armée française. Nous avons appris le maniement des armes et tout l'essentiel de la formation militaire. Nos tenues n'étaient pas très adaptées. Ainsi, j'avais reçu une paire de chaussures, du "43", alors que je chausse du "41", ce qui permettait l'aération des pieds.
Et puis un jour, vers la fin juillet, est arrivée une unité habillée en "Anglais", avec des shorts pas très élégants qui tombaient en dessous du genou, c'était la Force "L" du général Leclerc. Enfin, nous avions rejoint la France libre. »
Départ pour l'Angleterre, puis débarquement et combats en Normandie
« (...) Et, brutalement, la mitraille s'est abattue sur nous. Les Allemands nous attendaient. Je répliquai avec ma mitrailleuse 12.7, mais, soudainement, j'ai été frappé par plusieurs balles et je tombai de mon piédestal. Miraculeusement, une des balles qui aurait dû me transpercer le cœur avait été arrêtée par ma plaque d'identification. Mon blouson avait été tellement percé que mes camarades l'ont conservé.
J'étais à terre, mes camarades ne pouvaient pas bouger, mais j'avais près de moi, tout prêt, mon sac de grenades. Revenant à moi, j'ai pu ainsi nous dégager, mais tout le monde avait été atteint. Le sergent Bodin, qui était le chef de bord, avait une grave blessure à l'épaule et se trouvait dans le coma, les autres étaient blessés aux jambes. J'ai balancé tout mon sac de grenades, mais j'ai été touché à nouveau au bras droit. Je ne pouvais plus lancer de projectiles. »
Séjour à l'hôpital
« (...) Je rencontrai un Arabe, je lui parlai et il me dit : "J'ai été déblayer Noisy-le-Sec. De la gare à l'église, il n'y a plus rien, après ça va mieux." Je supposai que la maison de mes parents était toujours là. J'avais lu cette information sur un journal anglais, avant le débarquement. Ce journal indiquait que des bombardements sérieux avaient eu lieu sur Noisy, je n'en savais pas davantage.
Au préalable, je dois dire que, en dehors du camarade que j'avais rencontré au Maroc pendant mes années de voyage, au camp, j'avais reçu une lettre d'un prisonnier qui était sorti de Miranda avant moi. Par la Croix-Rouge, mes parents avaient su que j'étais arrivé en Espagne. Vous voyez comment l'information fonctionne en temps de guerre.
Ainsi, j'ai été redirigé vers l'Angleterre. Il était indiqué sur ma feuille de route : "Cas grave, peut voyager assis". (...)
Je me suis retrouvé avec plus de deux mille blessés américains et quelques Français.
Bien entendu, cela ne faisait pas mon affaire, car j'avais entendu par la radio la Libération de Paris. En tant que Parisien, j'aurais bien aimé y participer. Il n'y avait pas une goutte d'alcool et les Américains nous avaient pris nos vêtements.
Le jour de la Libération de Paris, je suis sorti, avec mes camarades, en souplesse et en robe de chambre, avec un bras en bandoulière dans le plâtre et un bandeau sur la tête, en passant devant le poste de garde.
Nous avons fait ouvrir le premier "pub" que nous avons rencontré, en plein après-midi, bien que ce ne soit pas l'heure légale pour les Anglais, et nous avons bu tout ce que nous avons voulu. Puis, nous sommes retournés à l'hôpital.
Hitler faisait descendre de Calais la 47e division d'infanterie. Mais elle fut arrêtée après de durs combats, fin août, au Bourget et autres villes de la banlieue Nord-Est, par des unités de la 2e DB. Mon unité y était, sans moi, puisque j'étais blessé, donc absent. Mon successeur à la mitrailleuse de 12.7 fut tué sur le champ d'aviation du Bourget. Ce n'était qu'à 5 kilomètres de chez moi à Noisy-le-Sec. Si le sort avait été différent, je n'aurais pas bouclé mon circuit... »
Jean-Marie s'échappe de l'hôpital et rentre en France rejoindre la 2e DB en Lorraine, au 1er régiment de marche du Tchad.
« La guerre n'était pas terminée, et, tenir la position sur la Vezouse, au nord-est de Lunéville en octobre-novembre 44, fut parmi les moments les plus pénibles.
Au moins une nuit sur trois, nous partions en patrouille pour nous infiltrer dans les lignes allemandes, à sept, après avoir laissé nos papiers pour ne pas dévoiler les intentions du commandement en cas de capture. Nous marchions à la boussole. Nous partions parés des paroles rituelles de l'officier : "Simon, éclaireur de pointe". Au cours de ces patrouilles, nous posions des mines sur les routes. Nous avions un chargement de mines et il nous fallait traverser nos propres champs de mines. C'était assez délicat.
Nous avons touché des renforts, des jeunes de mon âge. Le coin était très mauvais, ça canardait tellement que j'ai vu l'un des jeunes devenir fou. Nous étions décimés. La nuit, par manque cruel d'effectifs, nous montions la garde quatre heures de suite sur les contours du village. Nous étions entourés de fil de fer barbelé avec des boîtes de métal suspendues. Il pleuvait, il neigeait. Il y avait du brouillard. C'était dur !... Enfin, cela forme le caractère. J'ai ramené dans mes bras le corps du lieutenant Morel, notre chef de section, un chic type, ancien du Tchad, tué tout près de moi, en sautant sur une mine. Puis, nous avons attaqué après avoir touché quelques renforts. »
La 2e DB a pu se remettre en marche en direction de Strasbourg.
« Puis, nous avons progressé à travers champs, mais voilà que ma blessure du cou s'est réveillée et je ratai l'entrée à Strasbourg. J'avais déjà raté l'entrée à Paris !
La blessure a été soignée très rapidement et j'ai pu reprendre du service. Je m'offris tous les petits pays au sud de Strasbourg aux noms très difficiles à prononcer.
Au cours d'une mission de nuit, un obus éclata, me précipitant trop brutalement dans ma jeep et je me suis blessé sérieusement au genou. J'ai refusé de me faire évacuer et ce furent mes camarades qui me soignèrent. C'était le jour de Noël 1944, et nous n'avions même pas une goutte de "pinard".
Ma blessure m'empêchait de marcher et j'ai été évacué vers un hôpital américain à Mutzig. Tout de suite, je disparus.
Lorsqu'ils passèrent l'appel à huit heures du matin, mon lit était vide, j'étais déjà loin. (...) »
Fin de la guerre
« Après la démobilisation, j'ai cherché du travail, j'en ai trouvé tout de suite ; je me suis réadapté.
C'est la suite de l'histoire de France de Michelet "Faire du peuple l'acteur principal", en substituant à l'histoire des grands, l'histoire d'un petit qui n'était ni droit commun ni recherché pour raison raciale, et qui n'avait nulle obligation de faire ce qu'il a accompli. J'avais fait un choix, un acte volontaire en conscience "Servir ma Patrie". J'avais pris une décision, celle de rejoindre, pour le combat, une unité des Forces françaises libres pour libérer notre pays occupé, et, pour cela, la ferme conviction d'arriver à Londres, car j'avais foi en la Victoire. »
Extraits des souvenirs de Jean-Marie Simon, décédé en 1998. Laurent Laloup le jeudi 14 décembre 2006 Recherche sur cette contribution | |
|
La Combattante Extrait de : 
Le Tréportais, Marcel Mulard, est dans sa 24e année et sert sur le navire en tant que timonier. Engagé volontaire en 1938, il désertera l’armée de Vichy lors d’une affectation dans les Antilles avec comme objectif de rejoindre les Forces Françaises Libres en Angleterre. Le voyage sera long et sinueux, la bataille de l’Atlantique fait rage mais au final il intègre, comme il le souhaitait, les “rebelles”. Après une formation à Skeegnesse, pour se familiariser avec le code maritime d’Outre-Manche, il embarque en juin 1943 sur la Combattante. Les missions du torpilleur, “un remarquable bâtiment de combat”, comme le souligne l’amiral Jacques Zang qui y officiait, “à l’aise dans des mers étroites comme la Manche et la partie sud de la Mer du Nord”. La période de pré-débarquement est d’une intense activité: “il fallait interdire à la marine allemande de s’approcher des côtes britanniques où s’accumulaient les tonnes de matériel en vue du débarquement”, confiait Marcel Mulard, à l’occasion du 50e anniversaire du débarquement.
La veille du Jour-J, le capitaine de corvette Patou annonce à son équipage ”Cette fois c’est la bonne. Demain matin, nous débarquons sur les côtes de la France... Soyez fiers, le seul bâtiment français faisant partie des opérations rapprochées est le nôtre. Nous serons les premiers à faire flotter le pavillon à croix de Lorraine, à toucher nos côtes”. Le commandant de la Combattante ne savait pas si bien dire. L’amiral Jacques Zang raconte ainsi “avant de mouiller la première fois, la Combattante s’était un peu trop approchée de la côte et avait touché le plateau sous-marin du Calvados”. Cet incident lui avait valu du navire britannique voisin, le Vénus, le message en morse lumineux: “Je suis heureux que ce soit un Français qui ait le premier touché le sol de France”!
Le chef de la France Libre à bord
Au matin du 14 juin, de retour de patrouille dans le port de Portsmouth, l’équipage de la Combattante voit arriver un défilé de véhicules officiels. Sort de l’un d’eux, un personnage de grande taille à la tête couverte d’un képi. Tous reconnaissent le général De Gaulle, premier des rebelles et récemment devenu le président du gouvernement provisoire. “Votre bateau est désormais un bateau historique; vous entrez dans l’Histoire avec lui”, annonçait-il à l’équipage en face de Courseulles-sur-Mer, où il débarquait pour sa première visite en France.
Bateau historique, la Combattante n’en était pas pour autant invulnérable. Dans la nuit du 23 février 1945, au large de Grimsby (Nord-est de la Grande Bretagne), le destroyer est victime d’une violente explosion qui le coupe en deux. La cause du sinistre est une mine que le navire n’a pu éviter. 67 hommes, dont deux britanniques, disparaissent. Grizel, Mounier, Omnis, Ibanez, Huguet, Laville, Legars, Meudes, Jousseaume, Richard... et les autres n’auront pas la chance d’assister à la reconstruction de la France, après avoir activement participé à sa libération. Marcel Virmontois, Jean Bourlès et Marcel Mulard s’en sortent heureusement indemnes, comme 116 autres marins.
Aujourd’hui seule une vingtaine de membres de l’équipage sont encore vivants. A 84 ans, Marcel Mulard regardent les cérémonies du 60e anniversaire du Débarquement de loin et un peu amer. “C’est du passé, il n’y a plus rien à dire. Cela fait soixante ans... Jusque là nous n’avons fait que de la figuration lors des cérémonies commémoratives”, confie-t-il. D’autres, comme l’amiral Jacques Zang, continuent à témoigner pour que vive la mémoire de ce destroyer qui fit la fierté des Forces Navales Françaises Libres. Laurent Laloup le jeudi 14 décembre 2006 Recherche sur cette contribution | |
|
Raymond Fassin, aviateur et résistant extrait de : 
Raymond FASSIN (1914-1945)
« Raymond, Georges, René Fassin (6 déc. 1914-12 fév. 1945), alias SIF, Charles Dacier, Piquier, Comète, FX 06, capitaine Barsac. etc.
Instituteur, officier des Forces aériennes de la France Libre (FAFL), officier de liaison de Jean Moulin, détaché par lui auprès du mouvement « Combat », ensuite nommé chef des opérations aériennes de la zone Sud (1942-1943) puis délégué militaire régional A (DMR A, zone Nord), lieutenant-colonel aux réseaux de la France combattante (réseau Action), arrêté par la Gestapo, déporté, mort pour la France le 12 février 1945 au camp de concentration de Neuengamme. près de Hambourg.
RAYMOND FASSIN. petit-fils de fermiers de Châtel-Censoir (Yonne) venus, à la fin du XIX° siècle, s'installer comme maraîchers en région parisienne, à Gennevilliers (Hauts-de-Seine), y est né le 6 décembre 1914. Il choisira de devenir instituteur. Après l'Ecole normale d'Auteuil, rejoint l'école Paul-Bert, à Malakoff (Hauts-de-Seine), ses parents habitant alors Chatillon-sous-Bagneux. Il y enseignera en 1935-1936 et. après son service militaire (1936-193 7), en 1937-1938 et 1938-1939. jusqu'à la mobilisation - qui l'enverra sur la ligne Maginot. Après Chatillon, il habitera Vanves (Hauts-de-Seine), au 27 de la rue de Paris, aujourd'hui rue Raymond-Marcheron.
Après l'appel du 18 juin 1940, rejoint Londres - dès le 21 - et les Forces aériennes de la France Libre (FAFL). Suivront plusieurs mois d'entraînement intensif à la clandestinité, notamment à Ringway, en Ecosse. Dans la nuit du 1e' au 2 janvier 1942, il est parachuté en France près de Salon-de-Provence, en compagnie de Jean Moulin et de Hervé Monjaret (alias SIF X. Frit. FX 07).
Sous le pseudo de SIF, il sera pendant un an et demi l'un des plus proches compagnons, et l'un des plus appréciés, de Jean Moulin. Celui-ci le détache tout de suite auprès du mouvement de résistance Combat, avant de le nommer, mi-1942, chef des opérations aériennes (parachutages et atterrissages clandestins de nuit) de la zone Sud. Le service s'appellera successivement le SOAM, le COPA puis le SAP. Il montera avec ses équipes de nombreuses opérations "Lysander" et "Hudson" (du nom des avions de la Royal Air Force), notamment depuis les terrains clandestins de la plaine de l'Ain et du Jura.
Dans la nuit du 15 au 16 juin 1943, sur ordre de Moulin, il repart pour Londres dans l'un de ces vols clandestins, du terrain "Marguerite", près de Maçon (en bimoteur Hudson. opération "Knuckle Duster", Hugh B. Verity squadron leader), via Alger et Gibraltar. En même temps que Henri Frenay, Paul Rivière (...) et Maurice de Cheveigné, lequel deviendra son radio pour sa seconde mission (de délégué militaire régional zone Nord) et sera déporté en même temps que lui. Ils arrivent dans la capitale britannique le 18 juin 1943, pour le troisième anniversaire de l'appel du général de Gaulle.
Trois mois plus tard, dans la nuit du 15 au 16 septembre 1943, Raymond Fassin est reparachuté de nuit à 6 km d'Is-sur-Tille (Côte d'or), sur le terrain "Vendée"" (opération "Bob 62"), avec un saboteur et deux opérateurs radio, dont de Cheveigné (alias Iroquois), pour devenir délégué militaire régional A (DMR A, zone Nord) sous les pseudos de Piquier ou Comète.
Lors d'une mission à Paris, dénoncé, il est arrêté par la Gestapo le dimanche 2 avril 1944 - en même temps que sa compagne Carolle {alias SIF 5, Solange), enceinte - à la brasserie Saint-Georges de la rue Notre- Dame-de-Lorette (9eme arrdt). sous la fausse identité de Charles Dacier.
Incarcéré à Fresnes, il sera transféré en voiture, avec sa compagne Carolle, à la prison de Loos-les-Lille, où ils seront internés le 2 mai (et où naîtra leur fils François-René, le 20 juin 1944). Raymond Fassin sera déporté le 31 août 44 en même temps que Maurice de Cheveigné, par le "dernier train de Loos", le dernier convoi à partir de la gare de triage de Roubaix pour les camps de concentration nazis.
Arrivé le 4 (ou le 5 ?) septembre 1944 au camp de Oranienburg-Sachsenhausen, il reçoit le matricule 97 648 (de Cheveigné: 97 647). Début octobre, un "transport" le sépare de De Cheveigné, et le dirige avec d'autres déportés peut-être au camp de Kochendorf-Neutzwiller. Il pourrait avoir rejoint le camp de concentration de Nei-sengamme (près de Hambourg) le 17 octobre 44. mais on ne lui connaît pas de numéro matricule. Fin janvier 1945, il est au "kommando" (de travail forcé) de Watenstedt, lager de Leinde (usines Hermann Goering), à 3 km au sud-est de Watenstedt, où se trouvait ce sous-camp, dépendant du camp principal de Neuengamrne. Il aurait été vu début février au bloc 2 de l'infirmerie de Watenstedt. Il y mourra le 12 février 1945, de "'tuberculose pulmonaire et intestinale", dit le Livre des morts du camp. Il sera inhumé le 15 février au cimetière voisin de Jammertal aux côtés de nombreuses autres victimes des camps nazis.
En France, l'acte de décès dressé le 1er août 1946 par les services du secrétariat d'Etat aux anciens combattants a été transcrit le 19 août 46 à l’état-civil de Vanves (où il habitait, au 27 rue de Paris, avant de rejoindre Londres) avec la mention mort pour la France, Vanves lui rendant également hommage par la mention de son nom sur le monument récemment érigé à la mémoire des victimes de la barbarie nazie. Une rue de Malakoff porte son nom. De même, une plaque apposée dans l'entrée du collège Paul-Bert de Malakoff et une autre, sur le caveau de la famille Fassin au cimetière de Chatel-Censoir (Yonne), rappellent sa mémoire. »
François-René Christiani-Fassin Laurent Laloup le jeudi 14 décembre 2006 Recherche sur cette contribution | |
|
Extrait de Fédération des Amicales FFI Région Franche-Comté, Souviens-toi 1944-1994. 
Témoignage de Henri Mathey, ancien des Forces Aériennes Françaises Libres.
« Juin 1940. L'armistice est signé, la France partiellement occupée. J'ai 20 ans, et en zone libre, pendant cet été mémorable, j'assiste comme tous les Français à la mise en place par l'occupant allemand de ce qui allait être “l'ordre nouveau”. Révolté, plutôt que de regagner Dijon et l'Ecole supérieure de commerce pour y poursuivre ma deuxième année d'études, je décide, avec quelques camarades, de rejoindre l'Angleterre. Un certain général de Gaulle ne vient-il pas de lancer un appel le 18 juin ? Fin octobre, je suis prêt, mes amis ont renoncé. Qu'importe! Je partirai seul. En 1940, pour moi, gagner l'Angleterre, seul, sac au dos, avec pour unique viatique les adresses de “contacts” susceptibles de m'aider, constitue un défi que je décide de relever... En chemin, les déboires s'accumulent : les adresses sont fantaisistes, les contacts décevants. Impossible de trouver la bonne filière. La Résistance en était à ses premiers balbutiements, et quel intérêt pouvais-je bien représenter ? Aucun... A Perpignan, l'espoir renaît : un passeur, moyennant finances, veut bien me faire traverser la frontière au col du Perthus. Je lui confie l'argent qui me reste. Je n'ai revu ni l'homme... ni mes dernières économies.
Décembre est là. Je me trouve le dos au mur ou plutôt aux Pyrénées. Inconscient comme on l'est à 20 ans, je décide de franchir ce massif, seul, à skis, avec l'intention de gagner ensuite Barcelone à pied. Pendant deux jours, égaré, j'erre dans la montagne... et me retrouve épuisé du côté espagnol. Parvenu enfin à Barcelone par le train, je crois trouver le salut auprès du consulat anglais. Le consul me reçoit, j'étais dans un état pitoyable. Il m'interroge longuement; visiblement non seulement je ne l'intéresse pas mais il refuse de m'aider. D'après lui, traverser l'Espagne sans aide, sans papier, sans parler la langue est une pure folie. Et de me dissuader de poursuivre ma route en me conseillant... de rentrer en France. Lorsque je sors du consulat, l'Angleterre me paraît bien lointaine... Peut-être ! Mais je décide de persévérer.
La traversée de l'Espagne malgré une “garde civile” omniprésente fut une nouvelle aventure. Parvenu enfin au Portugal, c'est pour me faire arrêter par une patrouille de gardes- frontières. Bilan : onze jours de prison. Libéré, tenace, je gagne Lisbonne et l'ambassade d'Angleterre plus compréhensive m'apporte une aide précieuse. Trois mois d'attente encore, et cap sur l'Angleterre à bord d'un cargo britannique. Mai 1941, je débarque à Greenock en Ecosse puis j'arrive enfin à Londres ! Mon périple Dijon-Londres a duré plus de six mois.
Le 28 mai, je m'engage au quartier général du général de Gaulle dans les “Forces Aériennes Françaises Libres”. Dans les écoles de la Royal Air Force, j'apprends à la fois l'anglais et le pilotage. Passionnant et long apprentissage !
7 mai 1943 : affecté à l'escadrille “Alsace 341 Squadron”, me voilà intégré à la RAF. Pendant un an les missions de guerre se succèdent à un rythme souvent infernal.
6 juin 1944 ! Le jour J ! Souvenir fantastique à jamais gravé dans ma mémoire. Dès 7h00 le matin avec mes camarades des escadrilles françaises et anglaises, je survole les plages, protégeant les troupes alliées opérant sur le flanc est. Un mois d'intense activité de harcèlement des troupes allemandes battant en retraite.
30 septembre 1944 ! La chance m'abandonne. Mon Spitfire est abattu pendant l'opération aéroportée d'Arnhem - dont il sera tiré le film “Un pont trop loin” - je suis fait prisonnier. Blessé par les tirs alliés sur les lignes allemandes (un comble !), je suis hospitalisé à Clèves. Je m'évade... et je suis repris. Emmené à Breslau, je suis interné dans un camp en compagnie de plusieurs milliers d'officiers de la RAF. Un camp rendu célèbre par ce que l'on appela par la suite “La grande évasion” : 76 officiers anglais, canadiens, néo-zélandais, australiens, polonais, français firent “la belle” en creusant un tunnel de plus de 100 mètres de longueur. 73 furent repris en Allemagne, 50 fusillés sur ordre d'Hitler, 23 réincarcérés. 3 seulement réussirent à rentrer en Angleterre. Un autre film fut consacré à leur aventure... L'étau allié se resserre. Les Russes se rapprochent. Le camp est évacué vers l'Ouest... en train puis à pied. Avec un camarade, je fausse compagnie à mes gardes. Dix jours de marche à travers l'Allemagne en pleine débâcle, et c'est la rencontre avec une unité avancée américaine, la liberté !! le rapatriement en Angleterre. La guerre se termine. Démobilisé, je retrouve à Besançon ma famille, mes amis après quatre ans d'absence. Quatre ans d'une inoubliable aventure ! » Laurent Laloup le jeudi 14 décembre 2006 Recherche sur cette contribution | |
|
"Ici Londres, les Français parlent aux Français " Ici Londres, les Français parlent aux Français
Chaque soir, Franck Bauer a prononcé cette phrase légendaire, au micro de la BBC !
Il n'est qu'un adolescent de quatorze ans en 1933 quand, au retour d'un séjour linguistique dans l'Allemagne nouvellement nazie, il déclare à ses parents : "On va avoir la guerre, on va la perdre et, ce jour-là, je m'en irai..."
Il tient sa promesse dès juin 1940.Avec sa jeune soeur, devant l'invasion allamande, il traverse la France à vélo.Sa soeur blessée, Franck embarque seul au Verdon-sur-Mer, à bord d'un bateau chargé de soldats polonais.
Personne n'a encore entendu parler de De Gaulle.
Quelques jours plus tard, pourtant, à vingt et un ans, Franck Bauer est à Londres engagé dans les Forces françaises libres.
Ce jeune batteur de jazz était bien mal préparé aux missions militaires qui allaient lui être confiées! Envoyé en Cornouailles britannique auprès de pêcheurs bretons ralliés à De Gaulle, il participe à deux missions en territoire français occupé, dont une sur l'île de Sein. Puis, le voici expédié aux Etats-Unis, pour y vérifier qu'un complot ne se fomente pas contre la marine marchande fidèle à l'amiral Muselier.
A son retour, Franck Bauer est détaché par Maurice Schumann à la BBC.
En France, la famille de Franck attendra deux ans avant de savoir qu'il est à Londres où, entre deux bombardements, il retrouve Stéphane Grapelli et tapote sur le clavieravec un piètre pianiste mais non moins grand pilotte du nom de Mouchotte...
Au fil du récit de ses aventures, Franck Bauer nous livre une "foultitude" d'anecdotes sur les personnages qui hantent les couloirs de la BBC et ceux des locaux de la "France Libre".
source : Comité d'histoire de la radiodiffusion
Après la libération il part comme correspondant de guerre en Extrême-Orient puis, devient chef du cabinet de Pierre Bourdan, ministre de la Jeunesse, des Arts et des Lettres, et conseiller de Claudius Petit, ministre de la Reconstruction. Secrétaire général de la Comédie-Française auprès de Pierre-Aimé Touchard, il fonde ensuite le premier cabinet de relations publiques français
sources : France Culture 
En 2004, Franck Bauer a publié un livre intitulé "40 à Londres" chez Bayard.
Présentation de l'éditeur :
Franck Bauer a 15 ans en 1933 lorsque, en voyage scolaire dans l’Allemagne toute nouvellement nazie, il a cette intuition : « On va avoir la guerre, on va la perdre, et ce jour-là je m’en irai. » C’est ce qu’il fait sept ans plus tard, en juin 1940, à vélo. À Bordeaux, il embarque avec un contingent polonais sur un bateau dont il ne connaît pas la destination. C’est l’Angleterre. Le jeune Franck n’a jamais entendu parler de de Gaulle. Quelques jours plus tard, pourtant, il est devenu un Français Libre. On lui confie d’abord de petites missions d’espionnage, puis de plus importantes. Jusqu’à ce qu’il soit détaché à la BBC par Maurice Schumann. Il part ensuite diriger l’information à Madagascar ralliée au Général, puis revient à la BBC et débarque en France trois semaines après les Alliés. 40 à Londres, ce sont les souvenirs jazzy d’une jeunesse pas blasée. Laurent Laloup le mardi 12 décembre 2006 Recherche sur cette contribution | |
|
Témoignage... extrait de crdp.ac-reims.fr 
"Dès le mois de juin 1940, refusant la défaite, j'ai déserté le 2ème Zouave au Liban et j'ai rejoint la Palestine où se trouvaient les Forces britanniques.
À Ismaïlia en Egypte, nous étions une centaine venant de plusieurs régiments, qui avons demandé à poursuivre le combat contre l'Axe.
En 1940, nous étions de vrais Français au combat, car nous disions NON à Vichy qui acceptait la défaite et entrait dans la voie de la collaboration.
Je me suis engagé au mois de juillet 1940 dans les Forces française libres.
J'ai été incorporé dans la 1ère compagnie commandée par le capitaine Folliot et intégrée à la 7ème Division blindée britannique.
Premiers Français libres au combat, nous avons participé aux batailles livrées à la frontière de l'Egypte et de la Libye au cours de l'hiver 1940-1941, avec les troupes britanniques et australiennes qui ont repris aux Italiens Sidi Barrani et Port Sollum en Egypte, puis ont pénétré en Libye, pour s'emparer de Bardia et de Tobrouk en janvier 1941.
À Tobrouk, tireur au fusil-mitrailleur de la section, j'ai descendu un avion CR42, puis au cours d'une patrouille j'ai fait prisonnier le général italien commandant la place et lui ai pris son véhicule que j'ai confié au lieutenant Barberot.
J'ai appris par la suite que le général de Gaulle m'avais fait Compagnon de la libération par le décret du 7 mars 1941, publié au Journal officiel de la France libre le 25 mars 1941.
J'ai été décoré par le Général de Gaulle en personne, au mois de mai 1941, avant la campagne de Syrie.
Voilà en gros le premier parcours d'un Français libre.
J'ai été ensuite muté avec le lieutenant Barberot à la 13ème demi-brigade de la Légion éotrangère, et j'ai participé à d'autres campagnes.
J'ai reçu la Croix de guerre et j'ai été cité à l'ordre de l'armée." Laurent Laloup le mardi 12 décembre 2006 Recherche sur cette contribution | |
|
Trouver d'autres contributions | |
Vous pouvez à tout moment obtenir la rectification des données, vous concernant, inscrites dans cette base qui est déclarée sous le n° 1137942 auprès de la Commission Nationale Informatique et Liberté |