Histoires de Français Libres ordinaires

 
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Jacques Letoquart

 

La campagne d'Erythrée vue par un de la 1ère Compagnie du Train

 


Vue de Suakin

21 Février 41
Nous repartons à Port-Soudan pour chercher les camions et les munitions qui sont arrivés le matin. Sommes de retour à Suakin à minuit après 60 kms de nuit.

25 Février 41
Nous partons nos camions chargés de munitions pour l’Erythrée. 1ère étape 160 kms à travers le désert. Tous les camions arrivent échelonnés sur 3 heures.

26 Février 41
2ème étape, nous devons atteindre un point d’eau situé en colonie italienne. A 4 heures nous passons la frontière mais hélas plusieurs camions étant ensablés, la moitié seulement de la colonne atteint le but de l’étape. Etant en queue, je couche sur place.

28 Février 41
3ème étape, nous arrivons à Kup-Kup, point d’eau que viennent d’occuper les F.F.L. venant du Tchad. Les traces de la bataille sont visibles et on peut voir le matériel et les munitions abandonnés par les Italiens.

1er Mars 41
Ce soir nous repartons à vide pour charger les légionnaires qui nous attendent sur une plage située à 200 kms.

3 Mars 41
Après maints incidents, car il a fallu faire 35 kms dans le sable, nous arrivons à Marsa-Taclé à 9 heures.

4 Mars 41
Départ pour Kup-Kup à 5 heures. Nous arrivons à parcourir les 200 kms dans la journée. Disposons les légionnaires à leur cantonnement. Retour au nôtre à 8 heures vraiment flapi.

6 Mars 41
Partons six camarades et moi pour transporter l’Etat major de la Brigade. Nous allons dans une vallée située à 25 kms de Kéren et à une quinzaine de kms des lignes.


Mer de nuages sur les montagnes de Kéren

13 Mars 41
Depuis ce matin l’attaque de Kéren a commencé. Ce sont les légionnaires, le Bt du Tchad et les troupes anglaises qui attaquent la ville.

14 Mars 41
20 conducteurs, parmi lesquels je suis, sont désignés pour former 2 groupes de voltigeurs pour monter en renfort.

19 Mars 41
La bataille de Kéren se poursuit mais la ville n’est pas encore tombée.

21 Mars 41
Aujourd’hui j’ai 19 ans. Le matin, 5 heures, départ pour faire un ravitaillement.

25 Mars 41
Je pars avec 10 de mes camarades, avec la Légion, pour l’attaque finale de Kéren.

26 Mars 41
Départ à 8 heures sac au dos, nous marchons 25 kms et à 4 heures nous rejoignons les légionnaires. A 4h30, départ pour nos positions, nous grimpons jusqu’à 2200 m d’altitude. A 8 heures, nous sommes en position mais complètement flapis. Nous sommes très près des Italiens. On entend les mitrailleuses et les obus qui sifflent.

27 Mars 41
Jour de l’attaque. 5 heures réveil après une nuit très froide à cette hauteur. 6 heures, nous avançons et bientôt nos fusils mitrailleurs sont en position sur une crête qui fait face à celle occupée par les Italiens. 6h30, l’attaque se déclenche : mitrailleuses, canons, bombes et mortiers tirent sur l’ennemi et en une heure la crête est occupée par nous. A 9 heures, le Général Anglais nous annonce que Kéren est tombée, que les Italiens s’enfuient et qu’il faut les poursuivre. Nous marchons jusqu’à 8 heures à travers la montagne et les oueds. La nuit est terrible par le froid, je suis forcé de me recouvrir de sable pour me reposer un peu.

28 Mars 41
Repartons à 6 heures. Pendant la nuit, les sentinelles ont fait 120 prisonniers. A 11 heures nous arrivons à notre objectif qui est la route de Kéren à Asmara, une route superbe que longe la voie férrée qui relie les deux villes.

29 Mars 41
Nous descendons au repos. Nous marchons 5 kms et ensuite les camions nous emmènent à nos cantonnements.

3 Avril 41
Nous apprenons qu’Asmara, la capitale de l’Erythrée est prise.


Vue d’Asmara


Port de Massaoua

9 Avril 41
Massaoua est tombée. C’est la dernière grande ville d’Erythrée qui tombe entre nos mains. A midi, nous quittons le cantonnement pour nous rendre dans la ville.

11 Avril 41
Hier au soir, la pluie a fait son apparition . Mais ici quand il pleut, ça se voit. Les oueds à sec coulent maintenant avec 1m50 d’eau. Quand l’eau s’est écoulée et que les voitures veulent bien repartir, nous nous mettons en route pour Massaoua chargés de tirailleurs. Après 100 kms de boue et de sable, nous arrivons à un petit village, situé à 15 kms de la bonne route. 2 voitures sur 10 ont pu atteindre le village.

12 Avril 41
Rejoignons Massaoua. Cela fait du bien après le sable, de rouler 45 kms sur la bonne route.

Du 14 au 21 Avril 41
8 jours de route avec ma camionnette pour aller dépanner 3 camions restés dans les sables de Marsa-Taclé. Rentre le 21 à Massaoua avec les 3 camions dépannés (distance parcourue 1700 kms)

6 Mai 41
Le départ approche. De 4h30 de l’après-midi à 2 heures du matin, nous transportons les munitions de la Brigade à bord d’un cargo anglais le «Silvermaple».

7 Mai 41
Toute la journée, embarquement du matériel et à 7 heures du soir, la moitié de la compagnie monte à bord, nous ferons le voyage avec le matériel.

8 Mai 41
A 6 heures, nous levons l’ancre pour Suez sous la protection d’un dragueur, car il y’a pas mal de mines sur les côtes de l’Erythrée.



La campagne d’Erythrée est terminée, mais le périple se poursuivra encore 4 ans jour pour jour, avec successivement la Syrie, la Libye, la Tunisie, l’Italie, enfin le débarquement en Provence et la campagne de France. Des notes seront régulièrement inscrites dans le «Carnet de route» de mon père jusqu’à la date du 22 Avril 1945. Il était alors dans les montagnes au dessus de Nice…


Mon père à gauche avec des camarades devant une auto-mitrailleuse


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Dernière mise à jour le vendredi 23 février 2007


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