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Son char dans la 2e DB

 

Le char léger "Stuart" M5, successeur du M3

 


Un M3 de la 2e DB, probablement du 1er esc de spahis

Un jour, alors que j'emmenais Jean-Joseph Laborde dans ma belle voiture, je lui fis remarquer qu'elle disposait d'un boite automatique très pratique dans la circulation ou pour doubler avec de fabuleuses reprises. Il me répondit : "Oui, je connais, mon char avait une boite automatique aussi". Depuis, j'ai cherché à en savoir plus sur cet engin qui dès les années 40 était à la pointe de la technique et dont l'armement était assez puissant pour m'avoir cloué le bec.

Les "Stuart" sont des chars légers Le M5 est le successeur du M3 et les deux versions de ce chars étaient présentes à la deuxième DB. Ecoutons ce que les Spahis du 1er escadron du 1er RMSM:disaient du M3 :

L'armement du M3 fut jugé insuffisant, et l'expérience montra que cette impression était exacte. Le faible canon de 37 dont était dotés chars et automitrailleuses M8, ne pouvait se comparer à celui des blindés en service chez les Allemands. Cette infériorité enlevait à l'escadron de chars son aptitude à constituer une puissante réserve pour le régiment. Les chars avaient d'autres défauts: leur moteur d'avion à 7 cylindres en étoile et à refroidissement par air émettait des ratés dont l'explosion s'entendait à des lieues à la ronde et interdisait ainsi tout effet de surprise. En outre, dès que la tourelle n'était plus dans l'axe, le pilote ou le co-pilote ne pouvait plus ouvrir son volet de sortie, et était condamnés à griller avec le char dont le moteur s’enflammait au premier impact. Ils comportaient quelques gadgets qui auraient pu être très utiles s'ils avaient fonctionné, par exemple un compas magnétique dont le réglage, appelé compensation, ne pouvait être maintenu lorsque le char se déplaçait ou lorsque la tourelle tournait; il en allait de même d'un stabilisateur pour le tir en marchant, qui ne fonctionnait qu'à l'arrêt. Les automitrailleuses n'étaient pas mieux armées, mais leur équipage pouvait les évacuer plus facilement, et surtout elles étaient très silencieuses, ce qui leur donnait un avantage considérable dans les combats de rencontre. 


Aout 44 au sud d'Argentan. Char M3-A1 du sous lieutenant Le Goasguen

Le M5, qui remplaça le M3 progressivement, présentait heureusement de nombreuses améliorations par rapport au M 3 :
accès à la tourelle et trappe au sol, pour le conducteur et son adjoint et donc possibilité de sortir même si la tourelle bloque leurs panneaux,

caisse plus longue et mieux profilée à l'avant,
deux moteurs plus puissants et beaucoup plus silencieux,
boîte de vitesses hydraulique,
tourelle plus grande avec une nuque,
gyrostabilisation du canon,
commande assistée de rotation de la tourelle.

L'aisance de conduite du M5 en faisait une véritable "Cadillac de combat". En effet, c'est la Division "Cadillac" de la Société "General Motors"qui fabriqua un total de 6810 chars M5 de 1942 à 1944

Le M5 a fait ses débuts en Afrique du Nord contre les troupes françaises de Casablanca. Pour l'invasion de la Sicile, le M5 devenait le char léger standard des unités blindées américaines. À cause de sa puissance de feu limitée, le M5 a finalement été utilisé pour la reconnaissance et l'escorte en Italie et, après le débarquement en Normandie, partout en Europe.

Par contre, dans le Pacifique, le canon des M3 et M5 était suffisamment efficace contre les blindages japonais pour qu'ils soient utilisés comme de véritables chars de combat.

En plus du canon principal M6 de 37mm, il y avait deux mitrailleuses M1919A4 calibre 30 (7,65mm), une coaxiale et une à l'avant. Le M5 a été à l'origine équipé de la mitrailleuse antiaérienne de calibre 30 sur la tourelle mais la plupart des chars ont été équipés d'une mitrailleuse M2 calibre 50 (12,7mm) plus efficace. Notons que la gyrostabilisation du canon n'était sans doutes pas très adaptée et qu'elle fut rarement utilisée, quand elle n'était pas tout bonnement démontée.


Chars M3 de la 2e DB

Les 2 moteurs Cadillac étaient d'une conception typique des moteurs de camion commerciaux du temps. C'était des V8 à 90°, 4 temps à essence, à refroidissement par eau, placés à l'arrière. Le volume de ces moteurs imposa le rehaussement de la caisse à l'arrière et c'est comme cela que l'on différencie aisément un M5 d'un M3. Les moteurs développaient 110cv chacun à 3400tr/mn. Ils étaient connectés à des boites 4 vitesses Hydramatic. Le différentiel contrôlé était juste à côté du conducteur. Il était hydraulique aussi et permettait une grande ou une petite vitesse. Cela donnait donc 8 vitesses en avant et 2 vitesses en arrière, le tout à changement automatique. L'intérieur était peint en blanc pour mieux repérer les fuites hydrauliques éventuelles. Les commandes se faisaient par leviers fixés à l'avant de l'engin, avec double commande pour le conducteur et son assistant/mitrailleur. Cette double commande était un avantage dont ne disposait même pas le "Sherman".


Un M5 bien reconnaissable à sa bosse

Sa motorisation et sa transmission lui donnaient une excellente mobilité qui fut son point fort, mais les petits réservoirs à essence de 337.littres ne lui donnait qu'un rayon d'action d'un peu moins de 160.km.

L'équipage de quatre hommes était constitué par :

le conducteur à gauche du char,
l'assistant conducteur et servant d'une mitrailleuse à droite,
dans la tourelle, le tireur qui était assis à gauche,
le chef du côté droit qui assurait aussi la fonction de chargeur du canon de 37mm.


M5 en Italie qui montre bien qu'il avait un équipage de 4. Non ? Ha bon !

Cinq périscopes étaient disposés sur le char, 4 regardant en avant et un en arrière, mais la conduite était tout de même beaucoup plus facile "tête dehors".

L'intérieur était rapidement rempli de la fumée par le tir des armes, particulièrement le cal 30 sur la coque de devant, et un système de ventilation situé entre les conducteurs était prévu pour évacuer cette fumée.

La tourelle placée au-dessus de la transmission était relativement haute et facilitait le travail de l'antichar ennemi. Malgré tout, le M5 était apprécié par ses équipages pour les missions de reconnaissance ou son silence, sa maniabilité et ses accélérations étaient de bons atouts.

Je vous avais bien dit que rien ne vaut une boite automatique !

Données Techniques :

Poids : 15.Tonnes
Longueur : 4,85.mètres.
Largeur : 2,28.mètres
Hauteur : 2,56.mètres
Blindage : avant 44mm, lateral 25mm, arrière 25mm
Vitesse maximale : 57.km/h.
Rayon de braquage : 6,4.mètres.
Pente maximale : 60.%
Armement : canon 37mm M6, 2 mitrailleuses 7,65mm M1919A4, mitrailleuse 12,7mm M2


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Laborde



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